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Janick Laberge naît à Chicoutimi en 1962. Elle a débuté en arts visuels en 1990, comme autodidacte en peinture. Après quelques années, elle a obtenu un baccalauréat puis une maîtrise en arts visuels de l'Université Laval. Elle a eu la chance de faire des études à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 2004. Elle possède un doctorat en médecine de l'Université Laval (1986) et a pratiqué la médecine au Québec durant plus de 20 ans. Janick Laberge se consacre maintenant principalement à sa carrière artistique. Elle a participé à plusieurs expositions collectives et individuelles au Québec, en France, en Belgique et bientôt aux États-Unis et en Espagne. Son travail a été récompensé par plusieurs prix et mentions tels que le Fond québécois de recherche pour la société et la culture, le 1er Grand prix du jury au Musée des beaux-arts de Montréal en 2007, le Prix Carnéade de L'Académie Mazarine de France. Elle a participé à plusieurs stages de perfectionnement et séjours artistiques au Canada et à l'étranger.
 
Le travail actuel de l'artiste s'inscrit directement dans la suite de ses explorations antérieures sur le dualisme dans la représentation visuelle. Il existe plusieurs formes de dualisme dans la représentation. Jusqu'à maintenant, elle a souvent mis en rapport la géométrie (symbolisant l'ordre et le monde des idées) et les formes organiques (symbolisant l'aléatoire et le monde réel (nature, êtres vivants). Pour elle, ces deux entités cohabitent en toute chose. Avec les années, elle a vu se rapprocher, par convergence, ses deux champs d'intérêt principaux : l'être humain et les arts. Ils deviennent pour elle indissociables. L'art et la vie. C'està travers ces deux mondes qu'elle veut communiquer dans l'oeuvre : émotion, identification, sens. 
 
Janick Laberge utilise beaucoup les images histologiques, microscopiques ou dermatoscopiques de tissus humains, superposées ou apposées à des formes abstraites, à des couleurs, texture, peinture mais la photographie est souvent la base sur laquelle toute la composition repose. Aussi, de fines couches de vernis mat ou brillant lui servent à créer de légères différences dans l'oeuvre et c'est précisément dans l'écart que l'événement arrive en art. Cette petite touche qui fait qu'une oeuvre possède sa spécificité. Elle accorde une grande importance à la transparence dans son travail. C'est souvent par elle que la dualité apparaît puisqu'elle laisse voir, elle laisse deviner quelque chose, devant, derrière. Elle module les couleurs, capte la lumière, crée un voile, voire un mystère. Elle a travaillé le verre, les tissus translucides dans l'espace, la gravure, les lavis, l'aquarelle mais pour son travail actuel, le médium numérique possède des capacités d'assemblage par transparence inégalées. 
 
Sur le plan formel, les cellules humaines sont fascinantes car les images qu'elles créent pourraient tout aussi bien être prises pour une foule d'autres choses : des nébuleuses, des cartes topographiques de quelques lieux étranges, des fonds marins ou un certain type de sol, surtout dans les oeuvres de grands formats. Elles lui servent aussi de champ dans l'oeuvre, elle crée un nouvel espace qui va au-delà du cadre lui-même. Elle aime jouer avec l'ambiguïté formelle sans négliger le parallélisme de sens. Ne jamais tout dire, pour laisser la place à l'observateur d'y voir sa propre image, sa propre histoire. Il y a pour elle deux dimensions extrêmement importantes en art visuel ; la présence formelle de l'oeuvre (c'est aussi l'aspect esthétique) et le sens sous-jacent à l'oeuvre, l'un n'excluant pas l'autre. Mais par dessus tout, il y a la présence de l'autre, celui qui voit. Et malgré toutes nos bonnes intentions, la communication avec l'oeuvre et l'émotion qui s'en dégage se fera d'elle-même ou pas selon la force du tableau et cela ne s'explique pas. C'est la beauté de la chose.     
 
Ainsi, les préoccupations par rapport à la connaissance de l'être humain, du monde qui l'entoure et de sa destinée sont au coeur de son travail artistique. C'est souvent de la fragilité de la vie dont il sera question. Elle s'intéresse aux liens qui existent entre le sort de l'homme et ses comportements, au rapport de l'homme avec la nature, à l'élan vital (le geste, le mouvement), au dialogue entre l'art et la vie, à l'importance de la création artistique. Elle veut sentir la transparence, voir la fusion, toucher la limite entre formes et couleurs, entre corps et figures. Affirmer le grain, la trame, le pixel comme autant de particules constituantes de notre réalité ( tissus, cellules). Microcosme, macrocosme. Géométrie et organique. Structure et désordre. L'architecture du monde. L'échelle humaine.
 

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